Jean-Pierre Papin

Biographie Jean-Pierre Papin

Jean-Pierre Papin vit le jour le 5 novembre 1963 à Boulogne sur mer. Tout au long de sa carrière de footballeur professionnel, il n'aura de cesse de jouer le renard des surfaces. Finisseur hors pair, il totalisa au total 54 sélections (30 buts) sous le maillot tricolore. Retour sur une carrière riche en émotions !

JPP, comme tout le monde le surnomme, débuta sa carrière chez les jeunes dans le club de Jeumont puis de Trith Saint-Léger. Il connut par la suite une ascension linéaire en jouant en Nationale avec Vichy puis en Division 2 avec Valenciennes. C'est finalement à l'étranger qu'il évoluera pour la première fois en Division 1 au sein de la formation du FC Bruges en 1986. Des débuts fracassants dans le monde du football avec un premier titre (Coupe de Belgique) mais surtout une première sélection en Equipe de France lors d'un match amical contre l'Irlande du Nord, le 26 février 1986. Tout s'enchaîna alors très vite avec un retour au pays et une signature à l'Olympique de Marseille. Le début d'une grande histoire d'amour ...

Entre temps, JPP participa à la Coupe du Monde 1986, disputant au total 4 rencontres. Il ouvrit son compteur personnel en sélection dés sa deuxième titularisation ! Au final, les Bleus termineront sur le podium, à la troisième marche de la plus grande des compétitions sportives. Ce sera hélas sa seule et unique participation à un Mondial. Bilan tout de même honorable avec 4 matches, 2 buts, une place de demi finaliste et une troisième place à la clé.

Débuts à l'OM

Pour ses débuts à l'OM (1986-1987), JPP fit une première moitié de saison mirobolante, également sous l'impulsion d'Alain Giresse, mais le club phocéen flancha légèrement dans le final, terminant ainsi deuxième du Championnat derrière Bordeaux puiq battu par cette même équipe lors de la finale de la Coupe de France. Vexé par cette année en dents de scie, Jean-Pierre travailla d'arrache pied afin d'être fin prêt pour la nouvelle saison. Le travaille paya rapidement puisqu'il termina la saison 1987-1988 "Meilleur Butteur du Championnat" de France, un trophée qu'il remportera durant cinq saisons consécutives ! Marseille ne termina que sixième du Championnat mais fut crédité d'un joli parcours européen en Coupe des Coupes, se hissant jusqu'en demi-finale.

Capitaine de son équipe, JPP reçut la Coupe de France 1988-1989 des mains du Président de la République François Mitterrand. La consécration arriva la saison suivante(1988-1989) avec un doublé Championnat/Coupe de France ! JPP prit une place prépondérante à ces succès avec trois buts inscrits en finale contre Monaco (4-2) puis en inscrivant deux buts lors du match du sacre contre Auxerre. Les "grands joueurs" savent se transcendaient lors des grands rendez-vous. JPP en faisait désormais partie. Il ne lui restait plus qu'à briller à l'échelle européenne ...

Marseille confirma l'année suivante (1989-1990) en conservant son titre national avec des joueurs de talents comme Jean Pierre Papin, Chris Waddle ou encore Enzo Francescoli. Demi-finaliste de la Coupe de France, les marseillais arrivèrent également dans le dernier carré de la Ligue des Champions, la grande cour européenne. Benfica, et la main du portugais Vata, stoppèrent les français aux portes de la Finale mais ce n'était que partie remise ...

Ballon d'Or

Intouchable sur le plan national, l'OM remporta son troisième Championnat de France consécutif (1990-1991). Seule une défaite face à Monaco (1-0) en finale de la Coupe de France dans les arrêts de jeu contrariée les plans des Marseillais sur les terrains de l'hexagone. Après Benfica l'an passé, les joueurs de l'Etoile Rouge de Belgrade firent chavirer le coeur du peuple Marseillais à Bari. Dominateurs tout au long de la partie, les français ne trouvèrent jamais la faille dans un match qui leur tendait pourtant les bras. La séance des tirs aux buts tourna rapidement à l'avantage des Yougoslaves avec le premier tir manqué par Manuel Amoros (0-0 après le temps réglementaire, 5-4 après les tirs aux buts). La France se disait qu'elle était alors maudite en Ligue des Champions notamment après le revers de Saint-Etienne quinze ans auparavant.

Néanmoins, les récompenses affluèrent pour JPP qui, outre le Championnat de France, remporta le titre de Meilleur Buteur du Championnat de France et de la Ligue des Champions, Joueur Français de l'année, Footballeur de l'Année, Roi du Football Européen, IFFHS Buteur de l'Année Mondial, Onze d'Or .... mais surtout le Ballon d'Or Européen, la plus haute distinction pour un footballeur ! C'était la première fois qu'un français remportait ce trophée en évoluant dans un club de l'hexagone (exploit toujours pas égalé).

Au cours de la saison 1991-1992, Papin remporta son quatrième et dernier Championnat de France avec l'OM. Vice-Champion d'Europe, les marseillais se firent surprendre en Ligue des Champions face au modeste club du Sparta dés le deuxième tour. Vainqueurs 3-2 au stade Vélodrome, les français s'inclinèrent 2-1 chez leurs adversaires et furent donc éliminés par la règle des buts inscrits à l'extérieur et cela avant même les matches de poule ! Un drame plus retentissant toucha également le football français avec l'effondrement d'une tribune du stade Furiani à Bastia, quelques minutes avant la rencontre entre Corse et Marseillais dans le cadre de la demi-finale du Championnat de France. 17 personnes trouvèrent la mort et 2 000 furent blessées. Le match ne fut jamais rejoué et la fédération décida unanimement et logiquement d'annuler la Coupe de France cette année-là.

Les adieux de JPP au public Marseillais

En cette période, les joueurs français commençaient à taper sérieusement dans l'oeil des recruteurs étrangers. JPP, étant le meilleur d'entre eux avec un certain Eric Cantona, c'est logiquement qu'il fut sollicité par les plus grands clubs européens dont le prestigieux Milan AC avec ses Marco Van Basten, Paolo Maldini, Rudd Gullit ... Difficile de refuser une telle offre même si c'est le coeur meurtri qu'il annonça son départ de l'OM, le club de son coeur, le club de ses amours, ce club qui lui a procuré tant d'émotions. Il disputa son dernier match au stade Vélodrome contre Cannes, le 25 avril 1992. Avant de prendre le micro à la fin du match pour annoncer son départ en Italie, il offrit la victoire à son club. Il aura été marseillais jusqu'au bout ... L'adieu de JPP fut des plus émouvants et beaucoup gardent encore encore en mémoire ce jour là.

C'est donc à Milan que Jean-Pierre évolua lors de la saison 1992-1993. Des débuts corrects dans le Calcio avec 13 buts en 22 matches même si la concurrence était des plus rudes avec le génialissime Marco Van Basten. La "Dream Team" Milanaise remporta le Championnat d'Italie mais on retiendra surtout cette finale de la Ligue des Champions perdue contre ... Marseille. Un an après avoir quitté l'OM, JPP se retrouvait en finale de la Coupe d'Europe face à son ancien club. Rentré en jeu lors de la seconde période, JPP ne put empêcher les Marseillais de conquérir le titre suprême grâce à une tête devenue désormais légendaire de Basile Boli, une grande première pour la France. Un échec qui marqua profondément Papin même si au fond de son coeur, la victoire Marseillaise était également un peu la sienne, lui qui avait tant façonné le club. Quelques années plus tard, les supporters marseillais n'eurent pas la mémoire courte en élisant Jean-Pierre Papin, "Joueur Olympien du Siècle". Une récompense logique pour un joueur d'exception.

Bilan mitigé à l'étranger

Toutefois, JPP jouait de moins en moins souvent. Comme nous l'avions dit, il fut l'un des joueurs français précurseurs à évoluer à l'étranger. A cette époque, cela n'était pas monnaie courante et donc pas facile de tirer son épingle du jeu. Cela permit toutefois d'ouvrir la voie à d'autres compatriotes comme Zinedine Zidane, Didier Deschamps, Thierry Henry ... et au final d'élever le niveau de l'équipe de France qui ... remporta la Coupe du Monde 1998. Nous y reviendrons ... Battu par l'OM l'an passé, le Milan AC prit sa revanche en s'imposant en Finale de la Ligue des Champions en écrasant 4 à 0 le FC Barcelone. C'était la première fois que JPP s'imposait dans cette compétition après deux revers en Finale.

Après deux saisons passées en Italie, JPP décida de changer d'horizon en rejoignant le club allemand du Bayern Munich pour tenter de trouver du temps de jeu. Pour ses débuts dans la Bundesliga, il joua très peu avec au total 7 matches pour 1 but lors de la saison 1994-1995. Le Bayern termina à une moyenne sixième place et se fit éliminé dés le premier tour de la Coupe d'Allemagne. Heureusement, le club de la Bavière se rattrapa en Ligue des Champions en atteignant les demi-finales.

Sa deuxième saison en Allemagne (1995-1996) fut plus convaincante mais JPP ne trouva qu'à deux reprises le chemin des filets. Le Bayern termina à une belle deuxième place en Championnat mais fit surtout parler de lui en Coupe de l'UEFA puisque les allemands décrochèrent la timbale en étriquant 5-1 les Girondins de Bordeaux. C'était le deuxième succès de Jean-Pierre dans une Coupe d'Europe.

Retour au pays

Ces 4 ans mitigés passer à l'étranger donnèrent à JPP l'envie de revenir au pays. (1996-1997) C'est à Bordeaux qu'il décida de rebondir, ce même club qu'il avait battu quelques mois plutôt en finale de la Coupe de l'UEFA. Les Bordelais réalisèrent une saison plus qu'honorable en terminant quatrième du Championnat, quart de finaliste de la Coupe de France et finaliste de la Coupe de la Ligue (seulement battu aux tirs au buts par Strasbourg).

L'année suivante (1997-1998) ressembla à quelques détails près à la saison passée. Bordeaux termina cinquième du Championnat et s'inclina une nouvelle fois en Finale de la Coupe de la Ligue toujours aux tirs aux buts mais face à Paris cette fois-ci. JPP ne remporta jamais cette compétition qu'il lui échappa de peu à deux reprises.

Comme lors de ces trois derniers clubs (Milan AC, Bayern de Munich et Bordeaux), JPP changea d'équipe après deux saisons. Il ne fut pas retenu pour participer à la Coupe du Monde où de jeunes attaquants prometteurs lui furent préférés (Thierry Henry et David Trézéguet). Tandis que les Bleus remportèrent brillamment la Coupe du Monde, JPP finit sa carrière de footballeur professionnel en Division 2 dans le club de Guingamp (1998-1999). Une aventure de courte durée puisqu'il mit un terme à sa carrière professionnelle en octobre 98, trois mois après son arrivée.

Changement de costume

La boucle était bouclée même si il continua à arpenter les terrains de football au niveau amateur à Saint-Pierre de la Réunion puis au Cap Ferret. En juillet 2004, il raccrocha définitivement les crampons mais ne quitta pas le monde du football puisque après avoir obtenu brillamment son diplôme d'entraîneur, il prit les commandes du club du Bassin d'Arcachon.

C'est à Strasbourg (Ligue 2) qu'il fit ses débuts d'entraîneur au sein d'une équipe professionnelle. Son premier match à la tête du club alsacien fut contre Dijon le 28 juillet 2006 au stade de la Meinau (0-0). Pour sa première saison en tant qu'entraîneur d'un club professionnel, il réalisa un coup de maître en accédant à la Ligue 1 après une belle victoire contre le leader Metz. Mais un coup de théatre se produisit quelques jours plus tard, le 11 juin 2007, avec une séparation entre JPP et le club de Strabourg, moins d'un an après son arrivée suite à des luttes internes au sein du club alsacien.

En 2007, il est nommé entraîneur du RC Lencs. Avec un effectif qu'il n'a pas choisi, il ne peut éviter la reléguation. Du coup, il n'est pas conservé par le club mais rebondit immédiatement à Chatearoux en leur évitant la descente en Nationale. Finalement, il décide de ne pas rempilier et met une parenthèse à sa carrière de coach.